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Édition de Nimes du mardi 30 juin 2009 du Midi Libre 1 er Mai Solidarité autour d'un militant poursuivi
Un comité de soutien, composé de treize organisations syndicales ou partis politiques (1), fait front autour de Pascal, accusé d'avoir frappé une policière en fin de cortège lors de la manifestation du 1 er mai dernier à Nîmes. Et appelle à un grand rassemblement de solidarité devant le palais de justice lundi 21 septembre prochain, jour du procès en correctionnelle de leur camarade, mis en examen pour « coups et blessures » . Pascal, militant à la CNT et RESF, le genre de « pacifiste » débaptisant l'expression "service d'ordre" au profit de « service de sérénité », a de son côté déposé une plainte pour les mêmes motifs. Selon sa version, radicalement inverse, attestée par écrit par plusieurs dizaines de témoins devant les jardins de la Fontaine, après « une échauffourée à laquelle il n'était mêlé de près ou de loin, il a reçu un coup de poing policier en pleine figure, soigné le nez en sang par la Croix-Rouge, avant d'être placé manu militari en garde à vue » . Cette interpellation ne constitue pas un cas isolé affirmaient hier, lors d'une conférence de presse à Nîmes, des représentants du comité de soutien qui pétitionnent aussi à tour de bras. « Lors du dernier défilé du 1 er -Mai, il y a eu également de violentes arrestations à Montpellier, Paris ou Grenoble. Elles s'inscrivent dans un climat ambiant tendant à criminaliser le combat syndical et à faire passer des militants engagés pour des délinquants. Comme si le but recherché était de faire taire tout remue-ménage social. » Derrière Pascal, ils sont pourtant un certain nombre à refuser obstinément de « se laisser intimider ».
R. D. (1) PC, Union syndicale Solidaires, FSU, CGT Exapaq, CGT Conseil général, CNT, Confédération paysanne, No Pasaran, Fédération anarchiste, NPA, Attac, les Alternatifs, les Verts. .../...
Édition de Nimes du mardi 30 juin 2009 du Midi Libre 1 er Mai Solidarité autour d'un militant poursuivi
Un comité de soutien, composé de treize organisations syndicales ou partis politiques (1), fait front autour de Pascal, accusé d'avoir frappé une policière en fin de cortège lors de la manifestation du 1 er mai dernier à Nîmes. Et appelle à un grand rassemblement de solidarité devant le palais de justice lundi 21 septembre prochain, jour du procès en correctionnelle de leur camarade, mis en examen pour « coups et blessures » . Pascal, militant à la CNT et RESF, le genre de « pacifiste » débaptisant l'expression "service d'ordre" au profit de « service de sérénité », a de son côté déposé une plainte pour les mêmes motifs. Selon sa version, radicalement inverse, attestée par écrit par plusieurs dizaines de témoins devant les jardins de la Fontaine, après « une échauffourée à laquelle il n'était mêlé de près ou de loin, il a reçu un coup de poing policier en pleine figure, soigné le nez en sang par la Croix-Rouge, avant d'être placé manu militari en garde à vue » . Cette interpellation ne constitue pas un cas isolé affirmaient hier, lors d'une conférence de presse à Nîmes, des représentants du comité de soutien qui pétitionnent aussi à tour de bras. « Lors du dernier défilé du 1 er -Mai, il y a eu également de violentes arrestations à Montpellier, Paris ou Grenoble. Elles s'inscrivent dans un climat ambiant tendant à criminaliser le combat syndical et à faire passer des militants engagés pour des délinquants. Comme si le but recherché était de faire taire tout remue-ménage social. » Derrière Pascal, ils sont pourtant un certain nombre à refuser obstinément de « se laisser intimider ».
R. D. (1) PC, Union syndicale Solidaires, FSU, CGT Exapaq, CGT Conseil général, CNT, Confédération paysanne, No Pasaran, Fédération anarchiste, NPA, Attac, les Alternatifs, les Verts. 
La sécurité sans les libertés
- par WebNoMaster
le 17/06/2009 - 09:17
Contre la répression, résistons !
Vous vous moquez d’une ministre menteuse sur un site web, vous risquez une convocation au commissariat. Vous avez été voisin d’une personne qui s’est fait sauter avec une bombe artisanale, vous vous retrouvez en garde à vue avec la brigade «antiterroriste ». Vous êtes présent dans nombre de manifs et vous avez été vu un jour sur un pont de chemin de fer, vous risquez six mois de prison préventive pour être présumé membre d’une association à caractère terroriste. Vous recevez un sms douteux, vous êtes convoqué six mois plus tard par la police. Vous brandissez une pancarte mettant en cause (avec humour) le président de la République dans un rassemblement, vous vous retrouvez en procès et risquez une amende. Vous êtes un gazier en lutte contre le recul des acquis sociaux, vous vous faites arrêter avec des dizaines de vos collègues… Tous les citoyens sont présumés innocents en droit mais la réalité montre qu’ils sont considérés comme a priori coupables, surtout s’ils n’ont pas d’amis bien placés. Le fichage massif de la population n’est pas anodin, derrière une façade démocratique, le totalitarisme avance à grands pas. Les militants sont, quant à eux, considérés en permanence comme un danger, non pas qu’ils le soient vraiment, mais au cas où ils le deviendraient. L’Etat vise à éloigner toute opposition politique et à écoeurer les militants repérés par ses services. 557 817 personnes se sont trouvées en garde à vue en France en 2008, soit près de 1% de la population. Les lois sécuritaires se succèdent régulièrement : rétention de sûreté, « prévention de la délinquance », nouvelle loi sur la récidive… Toutes ces lois ne visent que très rarement les escrocs des beaux quartiers. Le nombre de prisons augmente, mais elles sont toujours surpeuplées… et un tiers des détenus le sont en préventive. Le gouvernement se moque totalement d’être dénoncé régulièrement par des instances internationales pour les conditions humiliantes de détention. Son objectif est apparemment de suivre le modèle états-unien où les détenus ne sont plus seulement un millième de la population comme en France actuellement, mais 1 %, et sont une main-d’œuvre réduite en esclavage. Les entreprises ne délocalisent plus en Asie ou en Afrique mais en taule ! Cela se passe en ce moment-même, et cela nous concerne tous. Il est bien évident que les quelques politiciens en course pour être calife à la place du calife ne sont pas moins peureux que l'actuel gouvernement à l’égard des « classes dangereuses ». Il est non moins évident qu’on ne comptera pas sur les médias nationaux et régionaux pour dénoncer des atteintes aux droits l’Homme ailleurs qu’en Corée du nord, à Cuba ou en Iran. C’est pourtant en France que cela se passe. Ce sont donc seulement les victimes et victimes potentielles de la répression qui peuvent s’organiser pour à la fois rester vigilants et résister. Fédération anarchiste
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Contre la répression, résistons !
Vous vous moquez d’une ministre menteuse sur un site web, vous risquez une convocation au commissariat. Vous avez été voisin d’une personne qui s’est fait sauter avec une bombe artisanale, vous vous retrouvez en garde à vue avec la brigade «antiterroriste ». Vous êtes présent dans nombre de manifs et vous avez été vu un jour sur un pont de chemin de fer, vous risquez six mois de prison préventive pour être présumé membre d’une association à caractère terroriste. Vous recevez un sms douteux, vous êtes convoqué six mois plus tard par la police. Vous brandissez une pancarte mettant en cause (avec humour) le président de la République dans un rassemblement, vous vous retrouvez en procès et risquez une amende. Vous êtes un gazier en lutte contre le recul des acquis sociaux, vous vous faites arrêter avec des dizaines de vos collègues… Tous les citoyens sont présumés innocents en droit mais la réalité montre qu’ils sont considérés comme a priori coupables, surtout s’ils n’ont pas d’amis bien placés. Le fichage massif de la population n’est pas anodin, derrière une façade démocratique, le totalitarisme avance à grands pas. Les militants sont, quant à eux, considérés en permanence comme un danger, non pas qu’ils le soient vraiment, mais au cas où ils le deviendraient. L’Etat vise à éloigner toute opposition politique et à écoeurer les militants repérés par ses services. 557 817 personnes se sont trouvées en garde à vue en France en 2008, soit près de 1% de la population. Les lois sécuritaires se succèdent régulièrement : rétention de sûreté, « prévention de la délinquance », nouvelle loi sur la récidive… Toutes ces lois ne visent que très rarement les escrocs des beaux quartiers. Le nombre de prisons augmente, mais elles sont toujours surpeuplées… et un tiers des détenus le sont en préventive. Le gouvernement se moque totalement d’être dénoncé régulièrement par des instances internationales pour les conditions humiliantes de détention. Son objectif est apparemment de suivre le modèle états-unien où les détenus ne sont plus seulement un millième de la population comme en France actuellement, mais 1 %, et sont une main-d’œuvre réduite en esclavage. Les entreprises ne délocalisent plus en Asie ou en Afrique mais en taule ! Cela se passe en ce moment-même, et cela nous concerne tous. Il est bien évident que les quelques politiciens en course pour être calife à la place du calife ne sont pas moins peureux que l'actuel gouvernement à l’égard des « classes dangereuses ». Il est non moins évident qu’on ne comptera pas sur les médias nationaux et régionaux pour dénoncer des atteintes aux droits l’Homme ailleurs qu’en Corée du nord, à Cuba ou en Iran. C’est pourtant en France que cela se passe. Ce sont donc seulement les victimes et victimes potentielles de la répression qui peuvent s’organiser pour à la fois rester vigilants et résister. Fédération anarchiste

15 mai 2009 :Tricastin fait encore des siennes
- par WebNoMaster
le 17/05/2009 - 18:56
Le Point.fr - 15 mai 2009 Incident à la centrale nucléaire du Tricastin Le site nucléaire du Tricastin dans la Drôme est de nouveau pointé du doigt. La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), une association de vigilance sur le nucléaire, fait état d'"un accident" qui s'est produit jeudi dans "le bâtiment du réacteur de la tranche numéro un de la centrale EDF". Le réacteur est à l'arrêt dans le cadre de la troisième visite décennale. Pendant plus de trois mois, EDF fait en effet passer des tests à la centrale mise en service en 1980. D'après l'association, deux "gueuses", pièces métalliques de 2 tonnes chacune "utilisées pour des tests de fonctionnement sur le pont de manutention", sont tombées d'une hauteur d'environ 15 mètres. "Une dizaine d'intervenants étaient occupés au montage de cette structure, mais, par chance, aucun d'eux n'était présent au moment de l'accident", précise-t-elle.
Contactée par lepoint.fr, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reconnaît seulement un "incident", sans donner plus de détails. Dès jeudi, EDF a pour sa part détaillé sur son site le déroulement des faits : "Les intervenants ont accroché deux charges de 2 tonnes chacune au chariot du pont. Lors de la manoeuvre de manutention, les charges ont glissé du chariot sur un plancher métallique, puis ont chuté dans le local où est entreposé, pour maintenance, le couvercle de la cuve du réacteur. L'une des charges est tombée sur l'outil qui permet de manutentionner ce couvercle, l'autre a chuté sur des chemins de câbles", indique EDF. Et de préciser : "Par mesure de précaution, dès la survenue de l'événement, les chantiers ont été suspendus et les intervenants, près d'une trentaine, ont quitté le bâtiment réacteur."
D'après la Criirad, "le Premier ministre doit se rendre lundi 18 mai sur le site pour visiter notamment la future usine d'enrichissement Georges Besse II". Elle réclame donc que les conditions de travail, de sécurité et de radioprotection soient "inscrites à l'ordre du jour de cette visite". .../...
Le Point.fr - 15 mai 2009 Incident à la centrale nucléaire du Tricastin Le site nucléaire du Tricastin dans la Drôme est de nouveau pointé du doigt. La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), une association de vigilance sur le nucléaire, fait état d'"un accident" qui s'est produit jeudi dans "le bâtiment du réacteur de la tranche numéro un de la centrale EDF". Le réacteur est à l'arrêt dans le cadre de la troisième visite décennale. Pendant plus de trois mois, EDF fait en effet passer des tests à la centrale mise en service en 1980. D'après l'association, deux "gueuses", pièces métalliques de 2 tonnes chacune "utilisées pour des tests de fonctionnement sur le pont de manutention", sont tombées d'une hauteur d'environ 15 mètres. "Une dizaine d'intervenants étaient occupés au montage de cette structure, mais, par chance, aucun d'eux n'était présent au moment de l'accident", précise-t-elle.
Contactée par lepoint.fr, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reconnaît seulement un "incident", sans donner plus de détails. Dès jeudi, EDF a pour sa part détaillé sur son site le déroulement des faits : "Les intervenants ont accroché deux charges de 2 tonnes chacune au chariot du pont. Lors de la manoeuvre de manutention, les charges ont glissé du chariot sur un plancher métallique, puis ont chuté dans le local où est entreposé, pour maintenance, le couvercle de la cuve du réacteur. L'une des charges est tombée sur l'outil qui permet de manutentionner ce couvercle, l'autre a chuté sur des chemins de câbles", indique EDF. Et de préciser : "Par mesure de précaution, dès la survenue de l'événement, les chantiers ont été suspendus et les intervenants, près d'une trentaine, ont quitté le bâtiment réacteur."
D'après la Criirad, "le Premier ministre doit se rendre lundi 18 mai sur le site pour visiter notamment la future usine d'enrichissement Georges Besse II". Elle réclame donc que les conditions de travail, de sécurité et de radioprotection soient "inscrites à l'ordre du jour de cette visite". 
Le livre du Bagnard de Saint Gilles réédité
- par WebNoMaster
le 06/04/2009 - 16:37
Par Paul RoussenqL’Enfer du bagneBagne. Enfer. Prison. Biribi. Torture. Enfermement. Cellule. Cachot. « On est sans nom. On n’est plus rien », disait la chanson d’Albert Londres. Résister. Tenir. La Guyane et ses îles. Ceci n’est pas une image d’Épinal. Encore moins un effet positif de la colonisation. Les coups. La faim. La damnation. Et à l’arrivée, la mort et l’abrutissement. Paul Roussenq (1885-1949) a affronté tout cela. Lui, l’anar, le bagnard de Saint-Gilles, « l’Incorrigible », a survécu aux camps de concentration à la française. Il a décrit l’horreur carcérale sous le sunlight des tropiques. Un témoignage capital. Sur le passé certes, mais tellement actuel.Après La Vie des forçats d’Eugène Dieudonné, Libertalia poursuit son exploration du système d’enfermement en rééditant L’Enfer du bagne, un livre-clé sur Biribi et les îles du Salut. Épuisé depuis 1957, ce texte du forçat qui cumula le plus de jours de cachot en Guyane est présenté par Jean-Marc Delpech, docteur en histoire, auteur d’Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur (ACL). Il est illustré par Laurent Maffre, artisan de deux adaptations graphiques de L’Homme qui s’évada d’Albert Londres et Les Chambres du cerveau, d’après Stevenson (Actes Sud BD). Illustrations : Laurent Maffre Préface : Jean-Marc Delpech Postface : Albert Londres 136 pages - 10 euros Parution : 02/03/09 disponible sur l'internet à : http://editionslibertalia.com/L-Enfer-du-bagne.html et sur le site en ligne de la librairie Publico: http://librairie-publico.com .../...
Par Paul RoussenqL’Enfer du bagneBagne. Enfer. Prison. Biribi. Torture. Enfermement. Cellule. Cachot. « On est sans nom. On n’est plus rien », disait la chanson d’Albert Londres. Résister. Tenir. La Guyane et ses îles. Ceci n’est pas une image d’Épinal. Encore moins un effet positif de la colonisation. Les coups. La faim. La damnation. Et à l’arrivée, la mort et l’abrutissement. Paul Roussenq (1885-1949) a affronté tout cela. Lui, l’anar, le bagnard de Saint-Gilles, « l’Incorrigible », a survécu aux camps de concentration à la française. Il a décrit l’horreur carcérale sous le sunlight des tropiques. Un témoignage capital. Sur le passé certes, mais tellement actuel.Après La Vie des forçats d’Eugène Dieudonné, Libertalia poursuit son exploration du système d’enfermement en rééditant L’Enfer du bagne, un livre-clé sur Biribi et les îles du Salut. Épuisé depuis 1957, ce texte du forçat qui cumula le plus de jours de cachot en Guyane est présenté par Jean-Marc Delpech, docteur en histoire, auteur d’Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur (ACL). Il est illustré par Laurent Maffre, artisan de deux adaptations graphiques de L’Homme qui s’évada d’Albert Londres et Les Chambres du cerveau, d’après Stevenson (Actes Sud BD). Illustrations : Laurent Maffre Préface : Jean-Marc Delpech Postface : Albert Londres 136 pages - 10 euros Parution : 02/03/09 disponible sur l'internet à : http://editionslibertalia.com/L-Enfer-du-bagne.html et sur le site en ligne de la librairie Publico: http://librairie-publico.com
Rassemblement anti OTAN du 4 avril 2009 à Nimes
- par WebNoMaster
le 05/04/2009 - 13:20 Une centaine pour dire non « Non à la guerre, non à l'Otan ! » A l'occasion du 60 e anniversaire de l'Alliance atlantique et du sommet de Strasbourg, une centaine de personnes s'est rassemblée, hier matin, boulevard Saintenac, à proximité du bureau de recrutement militaire. Un lieu symbolique dans une ville où 600 légionnaires du 2 e REI se préparent à partir en Afghanistan. Les participants avaient répondu à l'appel de plusieurs organisations : Attac 30, la CNT, la Fédération anarchiste, Scalp No Pasaran, les Alternatifs, le NPA, l'association France-Palestine solidarité et Solidaires. « Le capitalisme, c'est la guerre » et « Bleues, blanches ou rouges, à bas toutes les armées ! » ont été parmi les slogans repris en choeur durant ce rassemblement qui s'est déroulé pendant une heure sans incident.
Midi Libre, édition de Nimes du 5 avril 2009
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« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !Solidarité avec les communautés péruviennes en lutte
Pérou, vendredi 5 juin, 5 heures du matin, l'Etat montre son vrai visage : l'armée et la police attaquent par terre et par air, en utilisant des balles réelles. Il en résulte des dizaines de morts, des centaines de blessés. Les « dangereux terroristes » éliminés appartiennent à des peuples autochtones de la région Amazonas qui bloquaient pacifiquement une route près de Bagua au nord du Pérou. Depuis, la zone est totalement militarisée, des responsables amérindiens sont recherchés par toutes les polices... Il en coûte cher de s'opposer aux intérêts des multinationales, dont l'Etat est le garant... Pourtant Alan García avait été élu en 2006 pour changer le modèle économique néolibéral en place... Ce ne sont pas les anarchistes qui s'étonneront de la trahison des promesses des politiciens, quelle que soit leur couleur. Cela fait bien longtemps que les territoires amazoniens occupés par les peuples originels font l'objet des convoitises capitalistes. Déjà, au début du vingtième siècle, la « fièvre du caoutchouc » avait conduit aventuriers et hommes d'affaires à torturer et massacrer des communautés indigènes. Plus récemment, après la signature d'un traité de libre commerce avec les Etats-Unis (TLC), le gouvernement péruvien avait imposé en 2008 des décrets facilitant l'implantation d'entreprises pétrolières, gazières, minières ou liées à l'exploitation forestière ou au tourisme. Depuis, les protestations et manifestations se sont amplifiées au Pérou. Dernièrement, en mai 2009, à l'occasion de la « 4ème Rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala (les Amériques) », les communautés présentes ont « rejeté catégoriquement la privatisation de l'eau, la présence de sociétés multinationales, le modèle économique néo-libéral ». L'AIDESP, une coordination de 1350 communautés au Pérou a appelé à « l'état d'insurrection » et à faire du 11 juin une journée de mobilisation populaire pour « l'abrogation des décrets encourageant les entreprises étrangères à investir dans les zones habitées par les autochtones. » C'était le 4 juin, et le 5 juin... La Fédération Anarchiste se joint aux nombreuses organisations anarchistes d'Amérique latine et d'ailleurs pour exiger l'abrogation des décrets et l'arrêt de la campagne de criminalisation de ceux qui la réclament. Les prédateurs qui se pressent en Amazonie ont des noms : Parenco (Franco-britannique), Petrofilera (Canada), Petrobras (Brésil), Pluspetrol (Argentine), BPZ Energy (USA), Repsol (Espagne)... Nous appelons à ne pas les laisser dans l'ombre ! La Fédération Anarchiste est bien consciente qu'au delà des intérêts directs de ces exploiteurs, les Etats protègent le désordre économique mondial. En effet, depuis quelques années, les révoltes amérindiennes prennent de l'ampleur, se coordonnent, communiquent avec les autres peuples originels, mais aussi avec ceux qui s'opposent au capitalisme. Les luttes se multiplient, les pratiques d'autonomie se développent dans tous les domaines (communication, éducation, santé, sécurité, justice...). Parmi les plus connues, rappelons celles des communautés zapatistes (1994), des communautés paysannes d'Atenco contre la construction d'un aéroport (2002), la Commune d'Oaxaca (2006). A chaque fois l'Etat produit la seule réponse qu'il connaisse, la répression ! C'est que les pratiques basées sur les « us et coutumes » amérindiens de démocratie directe non seulement se développent, mais intéressent au delà des peuples originels. Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis à vis de l'Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme... En ce sens la Fédération Anarchiste se reconnaît dans les analyses produites lors de la rencontre d'octobre 2007 réunissant plus de soixante communautés amérindiennes des deux Amériques à Vicam (Mexique) : « Le capitalisme nous a amené la propriété privée, l'injustice, la violence et la tyrannie, les ravages d'une extermination sanglante par la croix et l'épée. Pour nous, peuples originels, le système capitaliste est totalement contraire à nos principes. Cette guerre capitaliste nous affecte tous, tous les pauvres, pas seulement les indiens. Ce monde n'aura aucune chance de continuer à exister si ce sont ceux d'en haut qui gagnent cette guerre ». La lutte des peuples autochtones, au Pérou et ailleurs, s'inscrit dans un projet global de révolution sociale. Avec nos compagnes et compagnons magonistes de la révolution mexicaine, avec nos compagnons cénétistes de la révolution espagnole : « Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde!
Secrétariat aux Relations Internationales Fédération Anarchiste (France)
http://www.federation-anarchiste.org
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