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home.gifBienvenue sur Groupe Gard Vaucluse de la Fédération Anarchiste

La nostalgie, camarades !


Avec Jean Luc Mélenchon et son Front de gauche, nous assistons à un retour sur la scène politique d'une gauche rouge foncé, et qui est la surprise du moment . Cela dit, il faut se méfier des surprises: le NPA a déjà fait les frais des prétendues intentions de vote à son égard, il y a cinq ans... Et tous les journalistes nous juraient que le sujet sécuritaire serait LE sujet de ces élections...


Politiquement, le Front de gauche a réussi à effacer un parti communiste qui n'existait plus, et à rassembler des groupements hétéroclites qui fleurent bon l'époque où les Marx brothers dominaient le haut du pavé: communistes orthodoxes et hétérodoxes, socialistes et trostkystes en rupture de ban, maoïstes (!), et quelques écologistes et décroissants, syndicalistes ou associatifs. Cette alliance constitue l'occasion pour un tribun qui laisse sans voix les formations NPA et LO, de revenir sur des conceptions classiques pour ces courants d'idées.


Feuilletez la brochure "L'humain d'abord": tout y est, et même le reste ! Et que je te régularise les sans papiers, que je t'abroges des lois dégueulasses, que je combat le patriarcat, que j'interdis les sectes, que je créé des régies pour lutter contre l'omnipotence des sociétés privées, et que j'augmente le Smic à 1700 euros, que je réquisitionne les logements et que je te plafonne les loyers, et que je te réquisitionne des entreprises, et... un vrai catalogue.


Alors, évidemment, moi, quand quelqu'un s'en prend à la femme dont le seul prénom me donne la nausée (je suis sujet au mal de mer), alors que tous les autres ténors font les morts quand ils ne la courtisent pas, çà a tendance à me contenter. M'enfin, bon. Je suis bien obligé de réfléchir un peu à ces conceptions, ces paroles, ces postures... de ce tribun. Parce qu'enfin, les grands rassemblements où l'on applaudit un homme à poigne, un leader d'opinion... çà me fait penser que çà ne va pas dans le sens de l'autonomie individuelle. Une gauche qui fait encore et toujours appel à l'Etat pour mettre en place ses réformes et faire reculer les capitalistes, çà ne va pas dans le sens d'un autre futur en rupture avec ce qui s'est déjà expérimenté bien des fois, dans le passé. Une organisation qui penche sévèrement vers le culte de la nation, décidemment, j'ai du mal à m'y faire. Une gauche enfin qui met la barre haut pour contrer le capitalisme, mais qui ne veut pas l'abolir ("taxer les profits", ce n'est pas socialiser les outils de travail), et qui ne pose pas la question du rapport de force dans un contexte d'expropriation des capitalistes... me fait penser que cet admirateur de Mitterand n'est peut-être que la répétition d'une histoire récente qui a déjà fait son procès au communisme d'Etat.


Mais le meilleur moyen de limiter cette résurgence de la gauche souverainiste et étatique, c'est encore de relever le gant et de se mettre en position de progresser dans les luttes et dans les esprits. Car la candidature Mélechon nous montre aussi qu'il existe une foule de gens qui se battent et cherchent des voies pour sortir du "No future" du capitalisme. Notre responsabilité est donc engagée puisque nous n'avons pas construit l'alternative aux gauches de gouvernement. Le socialisme libertaire, c'est çà qui est nouveau et qui devrait nous lancer à l'assaut des montagnes ! Alors, qu'est ce que j'vous sers ? un coup de rouge ou un petit noir ?


écrit par un camarade du Groupe Gard Vaucluse et paru dans le Monde libertaire du 29 mars 2012



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Ces nouvelles sont disponibles en format standard RSS pour publication sur votre site web.
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Communiqué CAN84 - par Tristan le 16/04/2012 - 20:05


VENEZ NOMBREUX
COMMÉMORER L'ANNIVERSAIRE DE LA TERRIBLE CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL
ET MANIFESTER VOTRE VOLONTÉ D’ARRÊTER IMMÉDIATEMENT LE NUCLÉAIRE

LE 26 avril à  11H, place de l'Horloge devant la mairie d'Avignon


merci de nous avertir de votre présence par mail à l'adresse : collectifantinucleaire84@hotmail.fr

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CDD 2013 - par WebNoMaster le 18/03/2012 - 22:57

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Scop - par WebNoMaster le 26/01/2012 - 18:25

Paru dans le Monde libertaire du 19 janvier 2012:

Scop et SeaFrance
Pour quoi faire ?

A l'annonce de la liquidation concernant la société de ferrys transmanche Sea France, et d'un plan alternatif avancé par le syndicat majoritaire CFDT, on reparla beaucoup des Sociétés Coopératives Ouvrières Participatives, les Scops. Eclairages.

Issues des racines du mouvement ouvrier européen, les associations ouvrières qui virent alors le jour étaient à la jonction des pensées émancipatrices du 19e siècle (1), d'un monde ouvrier naissant à partir d'un monde d'artisans et de paysans (travailleurs individuels), et d'une volonté d'affirmer la dignité des ouvriers à qui on déniait une vie décente et une capacité à s'autoadministrer. Les Associations ouvrières de production, interdites et réprimées par Napoléon III ou encore Thiers, furent donc les pionnières des Scops. Les Scops vont connaitre des relations complexes avec le mouvement ouvrier qui va tantôt les rejeter, tantôt les encenser. Pour le syndicalisme naissant ou les partis révolutionnaires de la fin du 19e siècle, la Coopération, qui se batit sur une perspective d'abolition du salariat sans avoir recours à la lutte des classes, à la grève et au syndicat, s'oppose à un syndicalisme porteur d'agitation sociale révolutionnaire. C'est la démocratie sociale contre la révolution sociale. C'est pourtant au peuple ouvrier que la Coopération doit sa longévité et son développement.
Tout au long de son histoire, des débats fournis auront lieu sur la subordination des coopératives de consommation (Ecole de Nimes) sur celles de production; sur la dimension révolutionnaire du mouvement coopératiste; d'autres sur la place des actionnaires-salariés dans les scops ou le reversement ou non des dividendes en fin d'exercice... Des actions importantes permettront la création de représentations régionales, nationales et internationales d'un mouvement qui essaime partout dans un monde industriel qui se transforme. Le mouvement coopératiste donne naissance à des coopératives de consommateurs, des Maisons du peuple, une banque coopérative, des orphelinats, ... Mais rapidement, la question qui va hanter ce mouvement de production sera celui de sa place et de son adaptation dans l'environnement économique.

De quoi la scoop est-elle le nom ?

Les structures antérieures à l'actuelle Confédération Générale des Scops (CG-Scops), vont évoluer jusqu'à se présenter comme une alternative à l'entreprise commerciale, et, aujourd'hui, aux sociétés anonymes transnationales.
L'Etat et ses serviteurs sont souvent sollicités pour appuyer le développement des coopératives qui s'adaptent au contexte économique en ayant recours à lui à chaque fois que nécessaire. Bien des hommes politiques seront présents aux cotés des instances nationales de la coopération, sous tous les régimes du Front Populaire à Vichy, des gaullistes à la gauche de gouvernement des années 1980. De l'accessibilité aux marchés publics il y a un siècle, à la loi cadre sur le statut des coopératives en 1947, jusqu'à la création des SCIC (Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif) en 2001, ou au changement du sigle "Scop" en "Société coopérative ouvrière de participation" (et non plus "production") en 2010... ce secteur de l'économie n'aura de cesse de s'intégrer au capitalisme, avec ses propres spécificités. La Scop reprendra des couleurs avec la montée en puissance de l'économie dite "sociale et solidaire" à l'aune du 21e siècle.

Si les relations avec les syndicats de salariés furent difficiles, il n'en reste pas moins qu'ils font parfois appel à la scop: l'affaire Sea France est l'exemple le plus récent. Quant au patronat français, il reprocha longtemps aux scops de bénéficier de mesures fiscales particulières faussant ainsi la concurrence lors des appels d'offres, mais les scops n'en sont pas moins intégrées aujourd'hui dans le paysage économique sans que cela ne suscite de débats houleux de ce coté ci.(2)

On le sait, la Scop doit son originalité forte à sa forme juridique. C'est d'abord une entreprise, sous forme de société anonyme ou de société anonyme à responsabilité limitée, avec ses exigences de rentabilité. Les co-associés ("co-entrepreneurs"), salariés, sont co-optés et détiennent au moins 51% des actions, et 65% des droits de vote à l'assemblée générale ou le principe "un homme ou une femme égale une voix" est de mise, quel que soit le montant du capital investi par la personne. Le gérant, salarié, est nommé par les travailleurs pour une durée de cinq ans. Les profits sont répartis entre les réserves de l'entreprise, l'intéressement et la participation pour tous les salariés, en plus des dividendes pour les associés-salariés. Les réserves de l'entreprise ne sont pas propriétés des associés, elles restent acquises à la Scop.
Pour ce qui est de l'organisation interne, elle reste l'affaire de ceux qui font vivre la structure: beaucoup de choses peuvent se négocier, dès lors que des choses formelles sont maintenues vis à vis des banques, de l'administration, du fisc, etc... Maintien ou pas de la hiérarchie, modalités des prises de décision, égalité ou non des salaires, ... peuvent être pratiqués différemment ici ou là. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de créer une scop pour introduire des fonctionnements égalitaires, le secteur associatif ou les formes de sarl peuvent aussi faire l'affaire si les associés en ont la volonté.

Une scop pour Sea France ?

Les difficultés de cette entreprise sont anciennes: en juin 1999, le gouvernement recapitalise Sea France pour assurer sa viabilité. Depuis, sur un secteur très concurrentiel, et avec l'exploitation du tunnel sous la Manche depuis 1994, Sea France a connu bien des déboires, des pertes financières et procédé à bien des licenciements. La SNCF, maison mère de la société maritime, cherche un repreneur puis jette l'éponge en février 2011. La Cfdt, syndicat majoritaire de Sea France, avance alors un projet de scop en décembre 2011 qui sera appuyé par Sarkozy en personne. Comment ne pas comprendre ce soutien présidentiel comme une manoeuvre dans le contexte des élections de 2012 ? Comme le faisait remarquer un syndicaliste de la CGT, Maurad Rabhi, pourquoi l'Etat appuierait-il le financement de ce dossier de scop et pas les autres entreprises en difficulté ? Et de toute façon, l'Europe, sollicitée par les concurrents de Sea France, ne laisserait pas passer une aide d'Etat au nom de la liberté de la concurrence.

Au delà de l'effet d'annonce du chef de l'Etat, Sea France, même en scop, devra d'abord jouer des coudes sur son propre marché; un statut en scop, ce n'est pas une solution miracle. Les politiciens du gouvernement le savent bien. Mais on peut comprendre ces 500 salariés qui veulent sauver leur emploi.
C'est d'ailleurs là toute l'ambiguité des scops. D'une part, formellement, elles représentent une autre façon d'organiser la macro-économie avec des règles qui laissent entrer la démocratie directe dans l'entreprise (3) en permettant de se débarrasser des parasites que sont les actionnaires. De l'autre, elles n'apportent pas de solution idéale car elles composent avec les règles du marché.
En France, elles sont une survivance de ce mouvement ouvrier qui rêvait d'abolir le salariat par la démocratie sociale. Ailleurs, à d'autres époques, elles ont aussi participé à des processus révolutionnaires marquants (Espagne révolutionnaire, décolonisation de l'Algérie,...) où elles furent des recours précieux de réorganisation de l'économie avec des finalités parfois libertaires, égalitaires et utopiques.
Les scops sont donc des outils qui prennent du sens selon l'objectif à atteindre. Elles peuvent être conformistes malgré leur différence, ou être un recours des peuples en révolte. La prégnance de ce modèle nous démontre que notre imaginaire collectif, malgré l'ancienneté du modèle scop, n'a pas été capable de créer un autre concept répondant à nos exigences. Si la scop a tant de prises encore aujourd'hui, c'est parce que l'horizon de l'abolition de la propriété privée a été perdu, et que c'est l'exercice de "la citoyenneté" dans l'entreprise qui est retenu. La citoyenneté a pris la place de la révolution sociale. On ne veut plus abolir le salariat, on veut la démocratie dans l'entreprise... Que des travailleurs décident de s'organiser sans intermédiaires et en s'affranchissant de certaines injustices dans l'entreprise est évidemment réjouissant. N'en attendons rien de plus si nous ne sommes pas capable de faire la liaison entre ces formes de travail et la généralisation de l'autogestion versus libertaire. Peut-être que les partisans de la révolution sociale devraient aborder cette économie là comme ils abordent d'autres outils comme le syndicalisme, avec ses limites et ses potentiels.

Rêvons un peu...

Dans une économie autogestionnaire, les scops de production auraient-elles leur place ? Tout dépend évidemment de la question centrale qui est la propriété sociale. Laisser des employés d'une coopérative s'approprier ce qui devrait être socialisé pose un problème de fond. Le mouvement coopératiste s'est souvent plaint, au fil de son histoire, de l'individualisme des coopérateurs; et il est fréquent d'entendre des salariés-coopérateurs, aujourd'hui, affirmer que ce statut les a transformé en "leur propre patron". C'est toute l'ambiguité des coopératives, compatibles avec l'économie capitaliste, qui reposent sur la propriété privée des moyens de production et de distribution, mais qui seraient beaucoup moins compatibles dans une économie où "tout est à tous", c'est à dire à la communauté entendue dans son sens le plus large.
Parmi ceux qui abordèrent -sans trancher sur le fond- le sujet des coopératives et de leur compatibilité avec l'économie libertaire d'abolition de la propriété privée des moyens de production et de distribution, Augustin Souchy écrivait en 1950 (4) que la différence entre les coopératives de production et les collectivités espagnoles de l'époque révolutionnaire c'est que les collectivités avaient expropriés les précédents propriétaires. Il précisait: "Il est vrai, que, objectivement, le coopérativisme ne révolutionne pas le monde en un jour. De façon subjective, le coopérateur doit avoir une conscience révolutionnaire et une foi socialiste plus profonde que le membre d'une collectivité. (...) La coopérative de production n'est pas antagonique, dans son essence, avec la collectivité libre, elle est son précurseur. (...) Le régime de la liberté doit permettre autant de coopératives et de collectivités que les hommes veulent en créer. Le socialisme libertaire n'est pas unitaire, mais pluraliste; il favorise et appuie toutes les initiatives populaires, tant dans l'ordre économique, que dans le politique ou le culturel. Le ccopérativisme est une des routes principales de l'humanité vers la justice économique ". Toute la question serait donc de savoir si, aujourd'hui, le mouvement des coopératives de production peut être partie prenante, dans une perspective révolutionnaire, d'un processus économique vers l'abolition du capitalisme.


Daniel (Groupe Gard Vaucluse)

Notes
1 – La devise du mouvement coopératiste "Travail Capital Talent" est de Fourier.
2 – La Confédération Générale des Scops revendique aujourd'hui 2000 entreprises adhérentes employant 40 000 personnes en France.
3 – Dans le quotidien économique Les échos du 4 janvier 2012, on trouve un article élogieux ("Au pays de l'entreprise sans chef") qui défend l'autogestion au prétexte qu'une hiérarchie représente des coûts importants et qu'il faut encourager la liberté de créer et de s'auto-discipliner des salariés.
4 – El socialismo libertario, Editorial Estudias, La Habana, Cuba, 1950.

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Communiqué du CAN84 - par Tristan le 17/01/2012 - 09:35



Communiqué de Presse du 11 janvier 2012


Radioactivité à Pernes les Fontaines


Lettres ouvertes du CAN84 au Maire de Pernes

et à l'Agence Régionale de Santé

Pas question de laisser faire, pas question que l'oubli s'installe et
que la radioactivité continue son oeuvre mortellement destructrice après
la découverte d'une contamination à l'uranium dans un forage de la ville
de Pernes-les-Fontaines. Le Collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84 a
adresséune lettre ouverte à l'Agence Régionale de Santé etune autre au
Maire de la commune.

D'origine naturelle ou d'origine artificielle, la radioactivité porte
atteinte à la santé, à la vie et à l'environnement. Pour le forage de
Pernes, l'eau est impropre à la consommation. Aussi le CAN84 ne peut
admettre le mutisme de la municipalité notamment après l'envoi de notre
lettre, dès le 17 décembre 2011, demandant communication des analyses
qui auraient dû être logiquement réalisées.

L'hypothèse d'une origine naturelle de cette contamination en uranium de
l'eau mise en avant par l'ARS est plus qu'insuffisamment étayée. D'une
part la présence d'uranium en zone calcaire apparait surprenante et
d'autre part, elle repose sur l'affirmation erronée de la non-proximité
d'industries nucléaires alors que, pas si lointaines que cela, elles
placent la commune dans la zone de contamination possible. Par ailleurs,
bien que démantelé, le site du plateau d'Albion d'où les eaux
souterraines peuvent provenir a été occupé par le nucléaire militaire
pendant de nombreuses années.

Conformément à la loi et notamment à l'article 19 de la loi n°2006-686
du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière
nucléaire, le Collectif antinucléaire de Vaucluse demande donc par «
Lettre ouverte » la publication des résultats d'analyse des eaux
alimentant le réseau d'eau potable de la commune, comprenant la
recherche de tous les radionucléides dont l'uranium,ainsi que les études
et les résultats d'analyses sur les autres forages situés sur la commune.

Le CAN84 n'en restera pas là et continuera son action pour une meilleure
information objectivedes citoyen-ne-s en matière nucléaire et pour la
défense de la santé publique mise à mal chaque jour par le lobby
nucléaire militaro-civil.


Le Collectif antinucléaire de Vaucluse - CAN84

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Chomage, révolution - par WebNoMaster le 14/12/2011 - 14:21

Si le chomage frappe, la révolution doit embaucher !


Après avoir atteint en septembre un niveau inégalé depuis douze ans, le nombre de chomeurs a encore battu un record en octobre. Avec une hausse de 1,2% sur ce mois et cumulant depuis le 1er janvier une augmentation de 4,9%, le nombre de personnes n'ayant pas travaillé du tout atteint des sommets. Ces calculs qui sont proportionnels à la population qui travaille sont un peu abstraits, c'est vrai. Alors, voilà: en additionnant les diverses catégories de sans emplois, on atteint un chiffre de 4 459 400 personnes qui sont au chomage. Ce qui me parle davantage encore, c'est que ces "personnes au chomage", sont des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, que je cotoie -comme vous- et qui sont peut-être nos voisins, nos enfants ou nos amis, vous et moi, nous tous et toutes qui dépendont du salariat, c'est à dire de notre seule force de travail pour vivre, payer le loyer, acheter à manger et de quoi s'habiller, envisager l'avenir, se soigner, s'éduquer...

Dès le 3e trimestre, des visionnaires avaient déjà prédit la catastrophe sociale et humaine: la création d'emplois fléchissait nettement par rapport au 2e trimestre, et surtout, les plans sociaux et les réduction d'effectifs se multipliaient. La création nette d'emplois ne suffisait plus à compenser les pertes de postes.

Et la situation ne devrait pas s'améliorer. Grands princes pour eux mêmes, les porte voix du gouvernement estiment déjà que les objectifs affichés par Matignon en matière de lutte contre le chômage ne seront pas atteints, à cause de la crise. J'en connais à qui çà va faire une belle jambe. Tartuffes.

Ces hausses du chomage touchent fortement les seniors -entre autres- pour qui l'augmentation du non-emploi est de plus de 15% depuis le 1er janvier. Or, avec une moyenne de 39,7% du taux d'emplois des 55-64 ans (plus de 70% en Suède !), la France déroule un tapis rouge vers la précarité et la misère à ceux dont l'âge serait un facteur défavorable. Blanchir sous le harnais est donc un risque sérieux pour un salarié, en économie soit-disant organisée par l'Etat providence. Nos patrons ont besoin de jeunes loups aux dents longues et au sang frais, et d'allègements des coûts du travail, parait-il...

Les prévisions semestrielles de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), parues le 28 novembre, ne nous aideront pas à retrouver le sourire. Avec des économies en récession, ils nous annoncent un niveau de chomage de 10,3% dans la zone euro fin 2012 et un pic de 10,4% pour l'Hexagone (9,2% fin 2011).

Pendant ce temps, les prélèvements opérés par les 62% de ménages français (environ 24 millions de personnes) possesseurs d'assurances vie sont massifs, pour le deuxième mois consécutif. En septembre puis octobre, les retraits étaient largement supérieurs aux dépôts: 1,8 puis 1,4 milliards d'euros ont été récupérés par les français pour faire face à la situation. Une première depuis dix ans. Quand on sait que ces assurances vies sont envisagées par leurs détenteurs comme des épargnes pour les coups durs, on fait vite le lien avec le chomage de masse.

Mais cette semaine, nous avions au moins deux raisons de ne pas désespérer. Les 25 et 26 novembre, en France, le réseau des banques alimentaires a collecté auprès des clients de supermarchés de quoi fournir 25 millions de repas pour l'hiver, soit un million de plus que l'an dernier. C'est inattendu en temps de crise qui s'approfondit. Et à travers tout le Royaume Uni, une grève, le 30 novembre, a rassemblé des centaines de milliers de grévistes dans une journée de protestation inédite depuis 1978-79, sous l'ère Thatcher. Il s'agit aujourd'hui de s'opposer à une autre vague de restrictions sociales et budgétaires du gouvernement de David Cameron.

Ces deux faits isolés de l'actualité de cette semaine indique bien que, par crainte de l'avenir, ou par solidarité de classe, des populations ont toujours capacité à s'entraider, et à lutter. C'est important, par ces temps où la misère croissante et le chômage qui dure s'intensifient. Même si la peur du lendemain n'est pas la même pour tous, selon qu'on est salarié ou boursicoteur. Mais le jour où l'on se débarrassera de ceux qui exigent que nos vies empirent au nom de valeurs boursières viendra bien, non ? Et pour çà, il y a du travail pour tout le monde ! Allez, au turbin !

Daniel (Groupe Gard Vaucluse de la FA)

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