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Au sujet de la stratégie de la Désobéissance

Publié par le Monde libertaire du 20 décembre 2012

 

Organiser la désobéissance civile

 

Je me suis rendue à un stage de formation à la désobéissance civile, pour chercher des outils pour exercer ce mode d'action qui privilégie l'organisation au dépend de la spontanéité. Il permet de casser les routines des modes traditionnels de revendication comme une manifestation ou un rassemblement qui, si elles sont nécessaires dans un premier temps, sont insuffisantes par la suite et minent souvent le moral des « troupes ». Elles doivent alors s'accompagner d'action plus radicales qui dépassent l'objectif d'information et d'expression d'une opposition pour bloquer un fonctionnement: faire perdre du temps, de l'argent à nos ennemis ou les discréditer aux yeux de l'opinion publique.

Voilà ce que j'en ai ressorti au niveau de l'intérêt d'essaimer ce type d'actions.

Ces actions obligent à avoir une stratégie de lutte collective: il doit y avoir des paliers dans la lutte , les Désobéissants appellent ça une « campagne », c'est à dire un plan d'action. Si on s'accorde sur le fait qu'une poignée de gens ne fera pas tomber le capitalisme et qu'il faut se faire davantage d'alliés que d'ennemis, il faut passer d'abord par des actions légales même si on les sait inutiles, mais cela légitime par la suite la radicalité des actions illégales au yeux de l'opinion publique. Cela met des personnes de notre côté lors de la phase légale des opérations, ce qui augmente le nombre de gens susceptibles de nous rejoindre dans la radicalité. L'objectif ne peut pas être uniquement l'abolition du capitalisme, qui a un aspect décourageant pour la lutte, même si c'est présent dans le discours.

Avant de passer à l'action, les désobéissants privilégient rassemblement, manifestations, pétitions, lettres aux élus.

 

L'importance de la phase préparatoire de l'action 

Lorsque vient le moment de l'action, elle est mûrement réfléchie, et réclame une organisation méticuleuse en amont. Au cours du stage auquel j'ai participé, un grand jeu nous a donné un aperçu des conséquences du manque de préparation et d'organisation d'une action. Un groupe de manifestants devaient occuper une préfecture, empêchés par les forces de l'ordre. Les participant-e-s au stage étaient soit agents des forces de l'ordre, soit des manifestants, d'autres avaient un rôle inconnu des autres. Dans le feu de l'action, on a pu se rendre compte -alors que ce n'était qu'un jeu- à quel point le climat émotionnel généré par une situation inhabituelle est fort : beaucoup de bruit, de stress, qui laisse davantage de place à l'impulsivité, aux sentiments, à l'irrationnel, à l'émotionnel plutôt qu'à la raison, aux gestes et aux paroles maîtrisés. Chacun a sa stratégie qu'il considère comme la meilleure. La confusion qui en découle, aboutit à des divisions dans les rangs des manifestants. S'organiser en amont participe à une sérénité, chacun sait ce qu'il a à faire, à dire et jusqu'où il peut aller dans ses initiatives nécessaires à la durée de l'action. Ceci favorise la formation d'une force collective nécessaire au rapport de force.

S'organiser, c'est décider ensemble des objectifs de l'action, se choisir une cible et trouver les moyens humains et matériels pour arriver à ses fins. Lors du stage, on apprend que ça ne s'improvise pas et nécessite de se former aux techniques et à la démarche nécessaires à l'élaboration de la stratégie et à la préparation des actions. L'animateur du stage, par ses expériences et sa connaissance du sujet, nous a transmis dans le temps limité d'un week-end, un peu de son savoir. Il nous a donné alors une grille de questions à se poser et d'éléments à prendre en compte pour préparer l'action. Cela va du repérage des lieux, du contexte, du matériel, à la répartition des rôles.

 

Les participants se répartissent les rôles selon leurs compétences, leurs forces, leurs faiblesses et leurs envies. Les actions désobéissantes ont l'avantage de concerner un éventail large de la population, toutes tranches d'âges confondues. Jeunes, vieux, personnes en petite forme physique... étaient présents au stage et prêts à s'investir dans des modes d'actions radicaux touchant à l'illégalité. La conception désobéissante du militant est intéressante car elle les considère dans leur conditions d'hommes et enlève le côté surhomme au militant héroïque, prêt à tout pour sa cause. Elle casse l'image religieuse et orthodoxe du militant qui fait de la militance une vocation religieuse où le sacrifice, la douleur, la souffrance sont indispensables à la cause. Un militant désobéissant se connaît, il a des limites et les connaît. Il va choisir son rôle dans l'action. Il ne va pas s'enchaîner à une grille s'il a trop peur... ne va pas se suspendre à un arbre, s'il a le vertige. Par contre, il préférera peut-être prendre soin du confort physique et moral de celui qui est attaché (l'activiste) en lui amenant de l'eau, à manger, des vêtement s'il a froid, en le renseignant où en est l'action. Il aura le rôle de « l'ange gardien ». Les médiateurs, sont chargés du dialogue avec les adversaires: forces de l'ordre, patrons,... Il sont censés maintenir un climat serein pour retarder l'évacuation par les forces de l'ordre et faire durer l'action en temporisant tout en expliquant l'action, les revendications... Il y a aussi les preneurs d'images (photographes, cameramen) pour relayer l'action et témoigner en général vers des médias indépendants. Les référents presse s'occupent du contact avec la presse régionale et nationale. Ils vont transmettre aux médias les revendications dont le contenu aura été travaillé entre les participants de l'action .

 

Les rapports non-violents avec les forces de l'ordre .

Les Désobéissants sont conscients de la répression policière qui s'exerce contre les opposants à l'ordre capitaliste, qui privilégie les intérêts d'une minorité (actionnaires, multinationales, banques..) aus dépends de ceux de la collectivité sociale. Pourtant, ils prônent même la non-violence face à des CRS. Ils montrent ainsi qu'ils reconnaissent la personne humaine avant le rôle social. Ils pensent que c'est à la fonction qu'il faut s'attaquer, et non à la personne. Que les forces de l'ordre sont des travailleurs au bas de l'échelle, des pions comme d'autres, pris au piège du salariat. Leur conception met en évidence la contradiction qui existe dans chacun de nous, à savoir que même si on cherche à s'émanciper de cette société, on en est tous le produit et nos façons d'être et d'agir dépendent souvent de son fonctionnement. Par exemple, des travailleurs d'une usine polluante qui doit fermer, vont se mobiliser pour sauver leur usine, alors qu'elle est nuisible à leur santé et à l'écosystème.

Dans cette logique, les Désobéissants ne considèrent pas non plus que les agents des forces de l'ordre sont tous sadiques même s'il en existe. Ils ne considèrent pas non plus qu'ils ont tous fait ce métier pour taper sur leur contemporains. Pour eux, réagir de façon non-violente, en faisant preuve d'empathie et en favorisant le dialogue avec les forces de l'ordre, participe à enrayer l'escalade de la violence et à l'efficacité de l'action. La violence chez les manifestants légitime, chez chacun des agents, les ordres de leurs supérieurs de charger et les entretient dans leur fonction répressive. Un manifestant non-violent va davantage les surprendre, les renvoyer dans leur contradiction. Et puis, les Désobéissants soutiennent l'idée que la stratégie non-violente peut amener une division chez les forces de l'ordre. Il y a ceux qui continuent à être agressifs et d'autres plus modérés qui finissent par se prendre de sympathie pour le manifestant.

Enfin, même s'ils reconnaissent que leur posture non-violente n'empêche pas toujours les violences policières, elle peut par les techniques qu'elle suppose (le poids mort qui bouge encore, la tortue, le train,...) faire durer l'action et retarder l'évacuation par les forces de l'ordre.

 

Les rapports avec la presse : Les Désobéissants sont conscients que les médias appartiennent à des grands groupes industriels, qui sont complices de ce système qui dessert l'intérêt de l'être humain en échange de gains financiers. Cette situation ne garantit pas l'objectivité de l'information et peut entraîner la déformation de leurs propos. Mais la réussite de leurs actions repose en large partie sur leur médiatisation. C'est un moyen de sensibiliser l'opinion publique sur le combat qu'ils mènent et qui légitime la désobéissance. La présence de la presse permet aussi de limiter voire d'éviter les interventions musclées des forces de l'ordre.

Pour finir, l'unité dans le combat lors d'une action désobéissante présente un atout dans la lutte car les divergences sont mises de côté au profit d' un objectif commun. Ces actions consolident les liens entre militants et donne un côté plaisant au militantisme.

Nos milieux libertaires devraient se rapprocher de ces différentes formes d'actions et des acteurs qui les défendent qui sont souvent engagés dans les mêmes combats que nous. Je pense qu''il est nécessaire pour nous de sortir de notre microcosme qui nous enlise souvent dans une idéologie et une posture visant le puritanisme et nous éloignent du commun des mortels. Pour cela, nous devons sortir de cette vision puriste et manichéenne de l'engagement qui valide le fait qu'il y a ceux qui veulent changer le système et ceux qui font semblant de vouloir et qui en sont les complices ! Nous devons rechercher nos alliés dans les luttes. Le challenge du libertaire est de porter au sein de ce terreau de résistances, un discours sur la nécessité de créer une nouvelle société plus juste et égalitaire, émancipée de tout pouvoir et toute domination.

 

Muriel (Groupe Gard Vaucluse de la Fédération anarchiste)


Date de création : 10/01/2013 @ 08:53
Dernière modification : 10/01/2013 @ 09:16
Catégorie : Dossiers à thèmes - 2. Luttes sociales
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Nouvelle 1

Motion sur l'antisémitisme


Les chiffres des actes antisémites commis en 2018, et révélés par le ministère de l’Intérieur sont effarants. En un an, les actes recensés sont passés de 311 (en 2017) à 541, soit un bond de 74 %. Pour autant, pour nous anarchistes, il ne s’agit pas d’une « résurgence de l’antisémitisme », parce que celui-ci a toujours été présent au cours de l’histoire et se répand de manière exponentielle aujourd’hui, notamment avec les réseaux sociaux.
L’antisémitisme, visant les Juifs, ou supposés tels, en tant que groupe religieux, ethnique ou racial, n’est pas le seul apanage d’une droite extrême ou se voulant "traditionnelle " ou "nationaliste". Il réapparaît plus fort à chaque crispation identitaire.
De tous temps, de nombreux prétextes ont été utilisés pour justifier l’antisémitisme. Mais l’antisémitisme, en tant qu’une des formes politiques du racisme, culmine lors de la Conférence nazie de Wansee, pour définir les modalités administrative, technique et économique, de la "solution finale de la question juive ". L’antisémitisme a également ciblé les Juifs par les purges staliniennes, comme lors du « complot des blouses blanches ».
Après la Seconde guerre mondiale et l’extermination des Juifs, la plupart des militant·es juifs et juives ayant disparu, s'en est donc suivi un silence lourd de conséquence sur la Shoah, y compris dans les rangs des militant·es anarchistes. Est-ce dû au fait que la Shoah nous questionne profondément en tant qu’êtres humains ?
Toujours est-il que, non seulement l’extrême-droite, mais aussi des éléments issus de l’extrême gauche ont commencé à développer des propos et des positions révisionnistes voire négationnistes sur l’existence même du massacre des Juifs… alors qu’il est aujourd’hui acquis par les historien·nes qu’entre 5,5 et 6,5 millions d’entre eux ont disparu durant ce génocide. L’antisionisme est une autre question. Il est donc important de mobiliser toutes nos forces pour combattre tous propos ou actes antisémites et de bien les dissocier de l’antisionisme. L’ignorance de ces faits alimente le négationnisme et le révisionnisme.
Les anarchistes ne traitent pas le nationalisme de l’Etat israélien autrement que n'importe quel nationalisme. L’Etat d’Israël est pour nous un Etat parmi tant d’autres, qui développe aujourd'hui une politique raciste, colonialiste et sous pression religieuse.
Nous continuerons à soutenir les Anarchistes contre le mur en Israël, tout comme les objecteurs·trices israélien·nes, de même nous soutenons la lutte de la population palestinienne opprimée, et ce parce que directement au coeur des combats pour la liberté de chacun·e.
Car nous avons bien conscience que la création de l’Etat israélien confirme la thèse anarchiste que la création d’un Etat ne peut se faire que dans la violence. Nous avons cependant également conscience que, se dire anti-impérialiste ne suffit pas à se prémunir contre l’antisémitisme.
Aussi, en tant qu’anarchistes contre toutes les formes de discriminations et d’oppressions, nous continuerons à lutter contre l’antisémitisme, et à combattre toutes les formes de racisme, notamment à l’encontre des migrant·es, des réfugié·es et des exilé·es, activement dans la rue, mais aussi en renforçant nos moyens de diffusion (le Monde libertaire, Radio libertaire, Editions du Monde libertaire, tracts, conférences, cycles de formation, etc.) par des argumentaires et des recherches historiques.
Le racisme et l’antisémitisme sont des armes de ceux et celles qui cherchent à diviser pour dominer. Nous les combattrons pied à pied.


Fédération anarchiste 78ème Congrès (Amiens juin 2019)

Nouvelle 2

Lettre au préfet du Gard: Relogez ! régularisez !

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